Le système d'apprentissage
Tout apprentissage correpond à un système qui implique à chaque fois :
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LA COMPETENCE : ce qui est à acquérir (un savoir, un savoir-faire, un savoir-être)
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L'ENSEIGNANT(E) : la personne qui transmet la compétence
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L'ELEVE : la personne qui reçoit et s'enrichit de la compétence transmise
Entre ces trois entités existent des liens qui peuvent être de deux natures :
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un intérêt (+) : constructif, il favorise l'apprentissage
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un désintérêt (-) : destructeur, il perturbe, voire annihile l'apprentissage
Bien évidemment, ces liens ne fonctionnent pas de manière binaire sur le principe d'un interrupteur électrique « marche-arrêt ». Tout est question, comme en chaque chose, de nuances, de graduation et de niveau, aussi bien en intérêt qu'en désintérêt.
Il n'existe pas de situation de neutralité où nous ne serions ni pour ni contre, bien au contraire ! (comme le disait si bien un homme politique passé maître dans l'art de la langue de bois...). Infime soit-elle, nous avons toujours une préférence qui se dessine.
Exemple : face à un domaine (ou à un individu) que nous ne connaissons pas, nous pouvons :
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être ouvert(e)s : souhaiter mieux le découvrir et ainsi faire preuve de réceptivité
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être fermé(e)s : ne pas souhaiter le découvrir et ainsi faire preuve d'hermétisme
Nous tendons toujours d'un côté ou de l'autre avec plus ou moins d'intensité.
L'indifférence à l'égard d'un sujet ou bien d'une personne est une marque extrême de désintérêt. En effet, si nous avons connaissance de son existence et que nous continuons à l'ignorer, cela revient à lui témoigner le désintérêt le plus fort qui soit. L'erreur serait de considérer que l'indifférence correspond à une situation de neutralité (qui n'existe d'ailleurs pas). Nous avons toujours un avis (même si nous avons parfois tendance à ne pas le donner pour rester dans le « politiquement correct »...).
Voyons maintenant en quoi consiste les 8 situations d'apprentissage possibles.
LE CONTEXTE IDEAL
Le système est équilibré.
Les liens qui existent entre les trois entités impliqués dans l'acte d'apprentissage sont tous positifs. Il s'agit d'une véritable synergie qui pousse le système en avant pour le faire progresser et enrichit à la fois l'enseignant(e) et l'élève. Il s'agit du meiller contexte possible pour un apprentissage.
LE BLOCAGE RELATIONNEL
Le système est déséquilibré.
L'enseignant porte un intérêt positif envers la compétence tout comme l'élève. En revanche la relation entre l'enseignant(e) et l'élève est perturbée.
Le risque le plus important serait que l'élève se désintéresse de la compétence pour rééquilibrer le système (cf. contexte suivant). La meilleure solution consiste à ce que le dialogue et une compréhension mutuelle s'opère entre l'enseignant(e) et l'élève. Comme dans tout conflit, chacun doit faire des efforts pour aller en direction de l'autre. Il s'agit dans un premier temps de pouvoir échanger pour mieux comprendre les attentes de l'autre et trouver ses propres solutions afin d'y répondre au mieux. Cela suppose un travail identique à effectuer de part et d'autre.
LE REFUS DE PROGRESSION
Le système est équilibré.
Seul le lien entre l'enseignant et la compétence est positif. Ceci démontre son intérêt pour le sujet. Il n'en est malheureusement pas le cas avec l'élève qui exprime un désintérêt pour la compétence. Si pour l'enseignant(e), le travail consiste à trouver le moyen de nouer le contact avec l'élève, celui-ci (celle-ci) se voit dans une configuration où un double travail est à produire. Il doit cultiver son intérêt à la fois pour l'enseignant(e) et pour la compétence.
Beaucoup d'élèves dans cette situation sont tentés de baisser les bras avec le meilleur prétexte : « je ne suis pas intéressé par cette compétence parce que l'enseignant(e) ne m'intéresse pas non plus » (ou inversement). Mais le résultat, lui demeure : l'élève refuse de s'enrichir d'une nouvelle compétence et de développer son ouverture aux autres. Au final, c'est bien l'élève le (la) grand(e) perdant dans ce contexte.
LA PROGRESSION RALENTIE
Le système est déséquilibré.
L'élève montre un intérêt pour l'enseignant(e) et pour la compétence à acquérir. L'enseignant(e) montre un désintérêt pour la compétence.
Le risque le plus important serait que l'élève perde son intérêt pour la compétence afin de rééquilibrer le système et maintenir ainsi des relations en bons terme avec l'enseignant(e). Le travail revient à l'enseignant(e) qui doit s'interroger sur les raisons de son manque d'implication. L'autre solution consiste pour l'élève à trouver un(e) autre enseignant(e) (idéalement pour se retrouver dans LE CONTEXTE IDEAL abordé ci-dessus).
L'APPAUVRISSEMENT
Le système est équilibré.
L'élève est intéressé(e) par la compétence. Mais l'enseignant(e) présente un désintérêt pour la compétence et connaît une relation perturbée avec l'élève. Ce(tte) dernier(ère) risque fort de perdre son intérêt pour la compétence en cours de route. S'en détourner revient à un appauvrissement par rapport au potentiel initial.
Ce contexte est analogue à celui du REFUS DE PROGRESSION mais cette fois, c'est l'enseignant(e) qui doit effectuer un double travail à la fois vis-à-vis de l'élève et de la compétence. Le travail de l'élève au niveau du lien avec l'enseignant(e) risque de ne pas être porteur de progrès si celui-ci (celle-ci) ne modifie pas son lien à la compétence. L'élève se retrouverait alors dans le contexte de LA PROGRESSION RALENTIE (à savoir un système déséquilibré).
LA DECOUVERTE
Le système est déséquilibré.
En dépit du fait que ce contexte soit déséquilibré, il s'avère particulièrement intéressant, notamment pour l'élève qui présente au départ un désintérêt pour la compétence. Comme son lien avec l'enseignant(e) est positif et que celui-ci (celle-ci) s'intéresse également à la compétence, l'élève peut rééquilibrer ce système en s'intéressant à son tour à la compétence. L'enseignant(e) peut se servir de leur lien positif pour amener l'élève à découvrir la compétence sous un angle différent du sien à l'origine. Cette option est celle de la progression et de l'enrichissement.
L'option la plus préjudiciable pour l'élève et l'enseignant(e) serait que leur relation évolue vers un désintérêt mutuel.
LA VALIDATION DE LACUNE
Le système est équilibré.
La relation entre l'enseignant(e) et l'élève est positif. Mais tous deux expriment un désintérêt pour la compétence. L'élève peut trouver dans ce système un argument de poids pour refuser de progresser : « je ne m'intéresse pas à la compétence et j'ai raison car l'enseignant(e) ne s'y intéresse pas non plus alors qu'il (elle) la connaît bien. Donc je n'ai aucune raison de m'y intéresser ».
Il s'agit d'une validation de lacune acceptée et assumée. Pour autant, l'élève ne progresse pas et le temps passé avec l'enseignant(e) ne lui sert à rien, même s'il est agréable. L'enseignant ne gagne rien non plus puisque son action ne sert pas à progresser.
LA PERTE DE TEMPS
Le système est déséquilibré.
Tous les liens sont négatifs entre les entités de ce système. Il s'agit du pire contexte d'apprentissage. Tout le monde y est perdant. L'élève et l'enseignant(e) se montrent un désintérêt mutuel et aussi envers la compétence. Chacun(e) se voit donc dans l'obligation d'un double travail à mener en parallèle : améliorer sa relation à l'autre et envisager la compétence en question sous un angle plus ouvert. Cette double contrainte suppose de réels efforts et un investissement sans faille que beaucoup ne sont pas prêts à assumer.
L'option la plus probable consiste à faire imploser le système pour conduire l'élève et l'enseignant(e) à faire autre chose !